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L’ECLOSION DU RUGBY FEMININ (1)

Suivre la piste du rugby féminin n’est pas une mince affaire. Il faut trouver des témoins. Il faut voyager dans une géographie rugbystique inattendue. Et il faut, aussi, faire commenter de vieilles photos. Bref, il faut prendre son bâton de pèlerin et convoquer ce qui reste dans quelques mémoires et cartons oubliés. « Ce qui est important, dit Claude Izoard, témoin des origines, c’est que les filles et les femmes d’aujourd’hui sachent ce qui s’est passé ».

L’histoire remonte à 1965. Des groupes d’étudiantes à Lyon, à Toulouse décident de participer à la grande campagne contre la faim dans le monde. La plupart d’entre elles avaient des frères et des amis qui jouaient au rugby. Alors elles décident d’en faire une démonstration. A Bourg-en-Bresse, le cheminement est le même.

Au départ, donc, il y eut, là-bas, une quarantaine de filles qui formèrent deux équipes. Les Stendhal’s Girls. En rouge et noir, bien sûr. Et les Violettes Bressanes. Violettes parce qu’elles portaient le maillot violet des garçons de l’USB.

Les deux équipes se rencontrent souvent. « Nous étions invités pour des fêtes du rugby », se rappelle Françoise Izoard. Au cours de la saison 1966-1967, sous l’impulsion de Andrée Forestier, ceinture noire du judo, les Violettes Bressanes sont officiellement créées et jouent huit fois, toujours à l’occasion de fêtes ou de matches de bienfaisance.

Pas si loin de Bourg, à Tournus, Marie-Céline Bernard se souvient bien de ses débuts : « J’ai commencé en 1967. J’avais 22 ans. Je faisais de l’athlétisme et les dirigeants de l’équipe masculine de Tournus voulaient monter une équipe féminine. La proximité de Bourg leur avait donné cette idée. On a fait quelques matches, plutôt au printemps, parce que les températures étaient plus clémentes. » Maillot rouge et noir, soit les mêmes couleurs que les garçons, et un nom de code tout trouvé, les Coquelicots Tournois démarrent à leur tour.

Le mécanisme est le même ailleurs en France et, peu à peu, les clubs qui se créent, s’organisent selon le régime d’une association Loi 1901. Le rugby féminin commence sa structuration.

Dans l’effectif de l’USB, il y avait alors un certain Claude Izoard, « Zozo », pour les proches. Un mordu de rugby. « En 1968, elles m’ont demandé de les entraîner. Deux entraînements par semaine, le mardi et le vendredi. Le terrain était terrible. Elles se douchaient dans une espèce de cabane. C’était ça ou rien, et elles le savaient ».

Des rencontres s’organisent. Compétition serait bien un grand mot pour ces quelques matches annuels entre les mêmes équipes. « Il y avait toujours entre 20 et 25 filles aux entraînements. Elles avaient entre 17 et 25 ans et elles étaient essentiellement lycéennes et étudiantes », se remémore Claude Izoard. (…) »

 

« NON ET NON »

« Dès 1969, les premiers contacts sont pris pour faire partie de la Fédération Française de Rugby (FFR). La réponse est négative. Les Violettes décident alors de devenir indépendantes en créant leur propre club. C’est la voie que choisiront très vite la plupart des autres équipes. Pendant ce temps, trois femmes décident d’avancer. Annie Bannier, de Pau, Isabelle Navarro, de Toulouse et Odile Militon, de Tarbes, s’accordent pour fonder une association féminine de rugby. Le 25 octobre 1969, une réunion a lieu à Portet-sur-Garonne. Seize personnes sont présentes, représentant 6 équipes: Pau, Tarbes, Toulouse, Villemur, Châteaurenard et Béziers. « Ce jour-là, rappelez-vous que l’ARF est née », stipule le compte-rendu.

Le 4 mars 1970, l’ARF est officiellement enregistrée à la préfecture de Haute-Garonne. Le siège est fixé à Toulouse. En tout, le texte fondateur de la nouvelle entité, compte plus de 130 articles qui ne laissent rien de côté.

« SERIEUSEMENT AMATEUR »

Les statuts étaient divisés en trois parties. La première, avait trait aux objectifs généraux. L a seconde, établissait l’organisation sportive administrative et financière. La troisième, concernait les règlements auxquels étaient soumis les joueuses, les arbitres et les dirigeants.
La cotisation annuelle des clubs fut fixée à 50 francs. De leurs côtés les dirigeants et les joueuses devaient s’acquitter d’une licence d’un coût de 2 francs. Lors d’un match, si la rénovation de la licence n’était pas effective, il était infligé une pénalité de 10 francs. Précision d’importance : tout type de prix en espèces était interdit. Seuls des médailles ou des objets d’art, étaient reconnus.

Toute l’information et la communication se faisaient par un bulletin officiel. L’abonnement coûtait 10 francs et était obligatoire. Il n’en reste que peu d’exemplaires. Très utiles d’ailleurs pour établir quelques-uns des points nécessaires à cette narration…


CHAPITRE II : GRANDIR QUAND-MEME (ANNÉES 70)

(…)« Durant les premières années de la décennie les choses restent techniquement en l’état et les jours d’entraînement, les horaires, le sérieux en général, rentrent dans les mœurs de cette nouvelle pratique du rugby.

« Cette marche en avant est bien sûr marquée par de nombreuses critiques. Claude Izoard n’a pas oublié l’ambiance : ‘Souvent des dirigeants nous disaient que nous étions fous. Mettre en place l’Association et le championnat n’a pas été simple. La FFR ne voulait pas en entendre parler. Personne ne voulait des filles. La volonté d’empêcher tout cela était réelle’.

LE CHAMPIONNAT

« Très vite l’idée d’organiser un premier championnat national apparaît. L’initiative prend forme pour mai 1972 et la première finale se dispute le 2 juillet de cette année-là, entre l’ASVEL et Adour. Les filles de Villeurbanne l’emportent 10 à 8. Annie Ferréol, qui jouait à l’ouverture, a quelques souvenirs : ‘On a joué sur un terrain pourri. L’herbe était haute. Il n’y avait pas de tribunes. Les vestiaires c’étaient des préfabriqués. En fait, je me rappelle plutôt des matches contres les Violettes Bressanes. Ça c’était des derbies ! On ne pouvait pas s’encadrer !’

« A partir de là, tout commence à bouger. Le premier Comité Régional est crée. Il concerne la Bourgogne et le Lyonnais. Les Coquelicots s’émancipent et forment un club indépendant emmené par Marie-Céline Bernard (…) ».


CHAPITRE II : (…)ANNÉES 70 : « CONTRE INDIQUÉ ET DANGEREUX »

(…)"Le 6 octobre 1972, coupe de théâtre. Une lettre provenant des hautes sphères de l’Etat plombe l’enthousiasme. Le Colonel Marceau Crespin, alors Directeur National de l’Education Physique et des Sports, fait parvenir une note de service à tous les Directeurs Départementaux de la Jeunesse et des Sports et à tous les Préfets.

"Objet de la missive : ‘rugby féminin’. Et voici le texte :

« Je pense que le rugby –sport de contact exigeant des qualités d’endurance, de robustesse foncière et de virilité- est contre indiqué pour les jeunes filles et les femmes pour des raisons physiologiques évidentes.
En outre, il semble bien les organisateurs des rencontres de rugby féminin recherchent -comme avec la catch féminin- à faire passer le plus de monde possible par les gichets, des stades en misant, avec succès d’ailleurs, sur une curiosité malsaine.
De plus, les mêmes organisateurs procèdent à un racolage systématique, notamment au sein des équipes féminines d’athlétisme et de basket-ball. Enfin, ils n’ont aucune considération pour les règles du contrôle médico-sportif.
Il est évident que cette pratique présente dès lors des dangers sur le plan physique et sur le plan moral, aussi je vous demande instamment de ne pas aider, ni a plus forte raison patronner, les équipes de rugby féminin ».


"Incontestablement, il y avait une vraie volonté d’interdire la pratique féminine du rugby. La FFR n’était d’ailleurs pas en reste, interdisant pour sa part aux arbitres de diriger des matches féminins. La consigne ne fut pas toujours suivie à la lettre et le deuxième Championnat de France fut organisé malgré ce contexte. Auch remporta le titre aux dépens de Tarbes sur le score identique à celui de la première finale, 10 à 8.

"Du côté des filles la note ministérielle ne fit que renforcer leurs convictions. Marie-Celine Bernard, par exemple, n’en fait pas plus cas aujourd’hui qu’à l’époque : « En tant que joueuses nous étions loin de tout ça. Evidemment ça nous a outré et fait rire à la fois. En fait, la lettre de Crespin nous a motivées".


ANNÉES 70 : LA MAIN TENDUE

(…)«Chez les arbitres, l’un d’entre eux, décide de ne pas accepter ces différents diktats. Il s’agit de Henry Fléchon. Son parcours : ancien dirigeant et entraîneur des juniors de l’USB. Nous revoilà ramenés à nouveau à Bourg-en-Bresse. Il décide de se mettre du côté des filles. ‘Si le sport abolit les différences sociales, je souhaite qu’il abolisse aussi les différences entre les hommes et les femmes qui ont la même pratique sportive’, affirme-t-il alors.

« C’est le début d’une trajectoire riche et très active qui fera de Fléchon, durant les onze années de sa présence dans le rugby féminin, l’un des moteurs de son développement et de son acceptation. (Il décède le 13 novembre 1986).

« Pour la saison 1974-1975, Henri Fléchon, devient Président des Violettes Bressanes et le 20 juin 1975 il est nommé également Président de l’AFRF. Il entame alors une campagne personnelle pour aller vers la reconnaissance du rugby féminin. Il rencontre Albert Ferrasse à plusieurs reprises, sans résultat positif.

TOUS AZIMUTS

«Le bulletin de l’AFRF, daté du 23 janvier 1976, nous apprend où en est géographiquement le rugby féminin de l’époque. Les abonnés-affiliés trouvent dans ce numéro-là la liste des responsables (avec leurs noms et leurs coordonnées postal et téléphonique à 6 chiffres) des 12 clubs existants alors : Rugby Féminin Gersois, Les Violettes Bressanes, U.S. Carmaux, Castres Rugby Club Féminin, A.S. Champagnolaise ‘Les Gentianes’, Rugby Club Féminin Montalbanais, Pau Rugby Club Féminin, Rugby Club Féminin du Lauragais, Rugby Féminin Romagnatois, Toulouse Femina Sport, Coquelicots Tournusiens, Ovalie Féminin Valence ‘Les Dragons Blancs’.

Evidemment tout ne va pas de soi dans ce petit monde qui expérimente la vie associative à grande échelle. Car l’une des particularités des débuts du rugby féminin est bien là. Si le bénévolat a toujours été le moteur des associations Loi 1901, il se trouve cette fois-ci devant un cas de figure inédit : animer au niveau national un ensemble d’associations locales, les clubs.

Si la construction de l’AFRF suit son chemin, l’idée d’intégrer la FFR n’est pas abandonnée pour autant.

Marie-Celine Bernard obtient à cette époque son diplôme de professeur d’éducation physique et participe également aux réunions tenues avec le Président de la Fédération, Albert Ferrasse. ‘Une fois, en 1977, nous étions allés chez lui à Agen. Une fois de plus il s’agissait de lui expliquer l’importance que des jeunes filles jouent au rugby. J’ai pris mon cas personnel, pour lui dire qu’en tant que prof de sport je souhaitais être formée pour pouvoir enseigner ou transmettre le rugby. Il a commencé à comprendre que l’avenir du rugby pouvait passer par ce genre de formation'. Une phrase cependant lui reste en mémoire : ‘Il nous a carrément dit : ‘Moi que des femmes jouent au rugby, je ne comprends pas'.

« Des échanges commencent alors entre les deux entités. En 1978, Marie-Celine Bernard est la première femme à participer à une formation FFR. Elle passe le premier degré fédéral à Dijon.
Sacre souvenir : ‘C’était intéressant, bien que je me sois retrouvée seule femme sur ce stage. Ils se demandaient vraiment ce que je faisais là. De toute façon, c’était l’eternel débat : il fallait prouver et encore prouver sur le terrain, et en dehors, nos aptitudes'. Marie-Celine Bernard pousuivra sa formation en passant le 2ème degré puis, en 1985, le 3ème degré fédéral (…) ».

Extrait du livre « Des Filles en Ovalie », Editions Atlantica (2005), Ecrit par Jacques Cortie/Yaneth Pinilla B. Préfacé par Serge Betsen.

A SUIVRE… ANNES 70(…) OUVERTURE AU NORD

ANNEES 70: OUVERTURE AU NORD

"Alors que la région Rhône-Alpes bruissent des initiatives et des efforts des dirigeants et des bonnes volontés de l’AFRF, en Ile de France on commence à bouger. A cette époque les matchs du Rugby Club de Chilly-Mazarin sont suivis par un couple qui vient de s’installer dans la ville : les Noury.

"En 1978, Wanda Noury devient dirigeante du club. Il ne lui fait pas plus d’un an pour avoir envie d’organiser un match féminin. «On a cherché des filles un peu partout à Chilly. On s’est entraîné et on a joué en lever de rideau des garçons. J’avais 36 ans et c’était mon premier match. C’était contre les filles de Gennevilliers, qui étaient très costauds et vêtues de noir. On a été impressionnées. Mais on a réussi à marquer un essai, et grâce à ça, quelle folie !».

"L’affaire n’est pas passée inaperçue. La presse s’en fait l’écho si bien que Wanda Noury reçoit un coup de fil : «C’était Henri Fléchon de Bourg-en-Bresse. Et là, j’ai découvert qu’il y avait beaucoup d’autres équipes. Il m’a demandé si je voulais faire partie de l’Association.»

"L’idée enthousiasme la nouvelle convertie. Elle multiplie les contacts avec Soisy et Gennevilliers, les deux équipes qui essayaient de se lancer alors. Et Wanda Noury rentre ainsi à l’AFRF, en tant que représentante Ile de France tout en montant l’équipe féminine de Chilly.

"Il n’y a pourtant quasiment rien qui atteste aujourd’hui de toute cette vie. Pas de chance pour le rugby féminin, des documents, notamment les licences, se perdent à Auch dans l’inondation de la maison d’un des dirigeants de l’AFRF, Maurice Maygmaut (...).


ANNEES 80 : FIN DE L'ILLEGALITE

Septième chapitre du résumé de l’histoire du rugby féminin, tiré du livre « Des Filles en Ovalie », écrit par Jacques Cortie et Yaneth Pinilla B. Préfacé par Serge Betsen. Publication chaque semaine.

(…) « Au début des années 80 le rugby féminin vit un véritable bouleversement. Tout bouge : le sportif, l’administratif. Et même la communication. A Bourg, Henri Fléchon voit arriver une nouvelle joueuse : Viviane Bérodier, qui devient très vite « Béro ». «Des filles m’avaient dit de venir jouer, racontes-t-elle, mais mon père ne voulait pas. » Béro passe outre. Elle joue 10 ou 15 et elle travaille à la Poste. « J’avais une tournée de facteur et je travaillais à mi-temps.» Henri Fléchon lui propose de réaliser les bulletins de l’AFRF.

Son travail sur le bulletin se révèle en fait titanesque. Elle vit pour cela une période de débrouille maximum. « Béro » conservait dans des enveloppes des caractères imprimés qu’elle avait récupérés sur des publications diverses pour composer ses textes et ses titres. Et elle mettait tout cela en page.

Henri Fléchon était aux anges. Il faut dire que son leitmotiv avait toujours été : « il faut à tout pris que les filles fassent parler d’elles. »

A l’aise dans la communication, Viviane Bérodier, ne risquait pas d’être muette sur le terrain.

Le premier entraîneur qu’elle a connu fut Claude Izoard. « Bourg était alors réputé pour son jeu d’avants, parce que c’était aussi le point fort de son entraîneur. A l’époque c’était : il faut pas poser de questions. Mais les filles aiment poser des questions… ». Le tout dans des conditions de jeu et d’entraînement qui passaient d’un extrême à l’autre. En hiver c’était une véritable épreuve. Et à partir du printemps, aussi… « On se retrouvait parfois dans des situations cocasses où le ballon disparaissait sous les 15 centimètres d’herbe de la pelouse… »(...)


ANNEES 80: AFRF – FFR: LE FACE A FACE

Huitième chapitre du résumé de l’histoire du rugby féminin, tiré du livre « Des Filles en Ovalie », écrit par Jacques Cortie et Yaneth Pinilla B. Préfacé par Serge Betsen. Publication chaque semaine.

(…) « Le début de la décade des années 80 inspire de grands projets à l’AFRF. On rêve en effet à une équipe de France. Claude Izoard : « Quand cette idée a commencé à faire son chemin, on a tout de suite vu que la FFR était intéressée. D’un seul coup ils accordaient plus d’attention à nos arguments.»

Le 26 octobre 1982 un protocole d’accord est néanmoins signé avec la FFR. D’une certaine manière il marque la fin de l’illégalité du rugby féminin. A partir de cette date les filles peuvent jouer librement, évoluer dans les écoles de rugby, les licenciées AFRF peuvent suivre les stages de formation et d’encadrement FFR, les clubs masculins peuvent ouvrir des sections féminines et des arbitres officiels FFR sont désignés pour diriger des rencontres féminines.

Mais un protocole d’accord n’est pas dans le milieu du rugby, l’équivalent d’un sésame. La reconnaissance des filles par la FFR n’est pas instantanée car la bureaucratie entre en jeu. Il faut attendre le 16 décembre 1983 pour que le Ministère de la jeunesse et des Sports donne son agrément (circulaire n°1.S.131.Y). Dès lors, les clubs féminins peuvent, théoriquement du moins, recevoir des subventions au niveau départemental.

Sous l’impulsion du Ministère, l’AFRF devient, le 23 mai 1984, la Fédération Française de Rugby Féminin, FFRF. Le siège passe de Toulouse à Bourg-en-Bresse.

ANNEES 80 : LA SELECTION NATIONALE

Novième chapitre du résumé de l’histoire du rugby féminin, tiré du livre « Des Filles en Ovalie », écrit par Jacques Cortie et Yaneth Pinilla B. Préfacé par Serge Betsen. Publication chaque semaine.

(…) « Lors de l’assemblée générale de 1982, Nadine Leterre, qui avait monté deux ans auparavant l’équipe féminine de Tulle, propose de concrétiser l’idée qui était dans l’air depuis quelques saisons : la création de l’équipe de France. Cette fois le rêve ne reste pas à l’état de projet à peine quelques semaines plus tard un premier match international à lieu. Le 3 juin 1982, à Utrecht, l’équipe de Hollande reçoit la France. Les petites françaises, entraînées par Jackie Leterre et Claude Izoard, l’emportent 0 à 4.

«Dès le début on a eu un projet. Il nous fallait bien connaître le milieu sportif féminin et les filles dans le rugby. On voulait savoir comment aborder ce sport techniquement », dit Jacky Laterre, plus de vingt ans plus tard. « On travaillait en bonne harmonie avec les entraîneurs de clubs, se souvient Claude Izoard. Pour les stages de sélection on essayait toujours de trouver un lieu central pour que les filles fassent le moins de kilomètres possible. »
Les rencontres se poursuivent. En 1984, c’est le 27 mai, à Hilversum que la France défait la Hollande sur le score de 0-3. Pour ce match, petite nouveauté : les filles reçoivent un survêtement bleu marine. Cette année-là les filles décident d’agrémenter un peu les maillots et cousent un écusson. Celui de l’AFRF.

L’année suivante à lieu la première rencontre contre les Anglaises. A Richmond, les Françaises maintiennent leur domination sur l’Europe féminine naissante en s’imposant aux représentantes de la Perfide Albion 8 – 14 (…)

ANNEES 80: STRATEGIES ADMINISTRATIVES

Dixième chapitre du résumé de l’histoire du rugby féminin, tiré du livre « Des Filles en Ovalie », écrit par Jacques Cortie et Yaneth Pinilla B. Préfacé par Serge Betsen. Publication chaque semaine.

(…) « Le championnat est composé de quatre poules issues d’un découpage national. Nord/Ile de France avec : Chartres, Soisy, Chilly, Tourcoing, Stains, Villeneuve-la-Garenne.
Centre/Sud Ouest avec : La Teste, Tulle, Romagnat, Montluçon, Tours, Niort.
Sud Est/ Bourgogne/ Lyonnais avec : Bourg, Le Creusot, Chatenoy-Le-Royal, Ecully, Rillieux, Tournus.
Sud avec : Bézier, Saint-Laurent-de-la-Salanque, Carqueiranne, Toulouse, Narbonne, Villefranche-de-Lauragais, Port-la-Nouvelle.

Que toute cette évolution ne fasse pas oublier qu’à partir de 1984 le rugby féminin est tellement en forme qu’il ne fait même plus relâche. Cette année-là, du 5 au 13 août, est organisé un stage à Gruissan. L’été aussi les filles vivent rugby ! Après cet été rugbystiquement torride, l’activité officielle s’accélère. En 1985, Wanda Noury est élue vice-présidente du Comité directeur et responsable pour le Nord. Claude Izoard, prend en charge la commission sportive ; Marie-Céline Bernard et Jackie Leterre, la commission licences-discipline, et Viviane Bérodier est élue au secrétariat.

C’est le moment que choisissent le Ministère de l’Education Nationale et la FFR pour faire, eux aussi, avancer les choses. Un stage de trois jours à l’INSEP est programmé. Il est encadré par Michel Debet et Jean-Claude Bacqué et deux professeurs, dont Marie-Céline Bernard, et traite des « Problèmes de l’enseignement du rugby en milieu scolaire et de la liaison avec les clubs »(…)

ANNEES 80 : QUAND ON AIME, ON A TOUJOURS 20 ANS

Onzième chapitre du résumé de l’histoire du rugby féminin, tiré du livre « Des Filles en Ovalie », écrit par Jacques Cortie et Yaneth Pinilla B. Préfacé par Serge Betsen. Publication chaque semaine.

(...) 1986 est l’année d’une grande fête. On célèbre en effet cette année-là les 20 ans des Violettes Bressanes. 120 joueuses participeront à cet anniversaire, événement qui est couplé avec l’Assemblée générale de la FFR. Une ombre préoccupante s’invite cependant à ce tableau idyllique : Henri Fléchon est tombé gravement malade.

Le bulletin de liaison continue d’évoluer et une grande nouveauté apparaît, la rubrique « Sans frontière ». Les initiatives en provenance des autres pays se multiplient et le bulletin fait le point: « Côté fédérations la France n’est plus la seule avec la Hollande! Les féminines italiennes ont constitué une Ligue! Les Britanniques aussi! »

Sur le strict plan des équipes nationales, les adversaires potentielles deviennent également nettement plus nombreuses. «Le concert internationale s’amplifie avec la création des équipes de Suède, d’Espagne, des Etats-Unis, d’Allemagne ».

C’est durant cette année 86 que l’écusson en vigueur, et encore siglé AFRF, laisse sa place à celui de la FFRF qui a remplacé la précédente entité depuis quelques années déjà. Son design en revanche ne change pas : une rose sur fond blanc entourée de rouge et de bleu.(...)
 

ANNEES 80 : LA PASSION AU FEMININ

Douzième chapitre du résumé de l’histoire du rugby féminin, tiré du livre « Des Filles en Ovalie », écrit par Jacques Cortie et Yaneth Pinilla B. Préfacé par Serge Betsen. Publication chaque semaine.

(…) La réputation de quelques joueuses commence à s’installer. A défaut de stars, ce sont des filles qui marquent un club. Sylvie Girard, Corinne Marbleu, Andrée Forestier (qui en 1986 en est à 20 ans de rugby actif !) ont leur petite célébrité.

Tout comme les jumelles Nicole et Monique Fraysse, qui seront des pièces essentielles dans la domination toulousaine de l’époque.

Logiquement, c’est aussi le moment où apparaissent les noms de quelques filles appelées à constituer la première relève.

C’est en 86 que surgit ainsi une jeune fille considérée, encore aujourd’hui, comme la meilleure joueuse française de tous les temps - du monde-, pour certains. Dotée « d’un très grand charisme », Nathalie Amiel.

Elle a commencé à jouer en 1982 en école de rugby. En 1984 elle se retrouve dans l’impossibilité de poursuivre le rugby. A 15 ans, plus rien n’est prévu pour une fille. Il y a en tout cas quelqu’un qui ne lui a pas fermé les portes à cette époque. Ancien international, ancien capitaine de l’AS Béziers de la grande époque, ancien entraîneur de Perpignan et Clermont-Ferrand, Olivier Saïsset lui a fait une place.

Sa première sélection en équipe de France date de 1986. C’était contre l’Angleterre et elle a dû demander une dérogation pour jouer avec des adultes. Ce fut le début d’une carrière énorme (…)

ANNEES 80 : LA GRANDE MUTATION

Quatorzième chapitre du résumé de l’histoire du rugby féminin, tiré du livre « Des Filles en Ovalie », écrit par Jacques Cortie et Yaneth Pinilla B. Préfacé par Serge Betsen. Publication chaque semaine.

(...) La FFRF devient alors la victime de son propre succès. Les projets fleurissent. Les ambitions aussi. Mais les réalités financières sont moins enthousiasmantes.

Parmi les grandes idées, le 8 octobre 1988, il est créé la Confédération Internationale du Rugby Féminin, CIRF, dont Nadine Leterre prend la présidence. Le but en est d’organiser le calendrier et de développer les relations. « Le fait qu’on commence à travailler à cette Confédération a vraiment fait bouger les choses à la FFR », se souvient Nadine Leterre.

Albert Ferrasse accepte alors l’intégration du rugby féminin à la FFR.

Depuis 17 ans le sujet n’était pas tranché. En moins d’un an, après la décision présidentielle, cette intégration devient effective.

La dernière assemblée de la FFRF eut lieu le 4 juin 1989. A Bourg-en-Bresse, évidemment, où se signa donc le transfert à la FFR.

En juillet, au Congrès de Bordeaux, Albert Ferrasse fait l’annonce officielle de l’intégration des féminines à la FFR pour la fin de cette année 1989.

De cette décision déterminante l’ex-président dit peu de chose, quand il est joint en mars 2005. « Oh vous savez, j’ai 88 ans. C’est loin tout ça. Mais je suis content de l’avoir fait. Vous savez comme je suis. J’ai pris une décision, et voilà. »

Extrait du livre « Des Filles en Ovalie », Editions Atlantica (2005), Ecrit par Jacques Cortie/Yaneth Pinilla B. Préfacé par Serge Betsen.

ANNEES 80: L’AFFAIRE DES ARCHIVES

Quinzième chapitre du résumé de l’histoire du rugby féminin, tiré du livre « Des Filles en Ovalie », écrit par Jacques Cortie et Yaneth Pinilla B. Préfacé par Serge Betsen. Publication chaque semaine.

(…) Comme la présidence de la FFRF était à Tulle, la FFR mandata Marc Gosse, alors président du comité du Limousin, et vice-président de la FFR pour mener à bien le processus d’intégration. « Mon rôle a été de tout transférer de leur association à la FFR, explique-t-il aujourd’hui. Cela a été une année difficile. J’ai dû tout dépatouiller ».

Marc Gosse décide de travailler avec Nadine Leterre. Tulliste aussi, et secrétaire adjointe de la FFRF, pour aboutir. Cette dernière est aujourd’hui avare de commentaires sur cet épisode. Son analyse quinze plus tard, tient en une phrase: « Il faut mieux un petit chez-soi qu’un grand chez les autres. »

Le résumé de Claude Izoard est tout aussi laconique, mais tout aussi clair : « En 1990 la FFR nous a mis dehors. Les dirigeants de la FFRF n’ont pas été invités à entrer. »

Si l’on devine le ménage peu élégant qu’a signifié cette transition, un autre aspect est plus inattendu. Viviane Bérodier apporte un premier élément : « En tant que secrétaire de la FFRF j’ai pris un week-end pour amener toutes les archives dont nous disposions à Brive ».

Deuxième élément. La déclaration de Marc Gosse : « Non, on ne m’a rien remis. Je n’ai rien vu. Que dalle. »

Puisqu’il n’est plus question d’archives, concluons au moins, avec la passation elle-même.

Marc Gosse résume, une dernière fois son sentiment : « J’ai eu beaucoup de mal avec cette affaire. Il y avait beaucoup de problèmes. Les hommes occupaient toutes les places. On a mis en place un championnat national. On a mis en place un staff technique. »

Et Nadine Leterre le sien : « Ils ont mis des personnes à eux. »

Première conséquence, selon Marie-Céline Bernard : « La FFR a nommé des gens qui n’était pas au courant et on a beaucoup perdu au niveau des contacts. Certains d’entres nous y sont quand même rentrés. Mais en général on était noyé, isolé. Plus personne ne savait vraiment à qui s’adresser. »

Claude Izoard tire aujourd’hui un bilan nostalgique de tout cela : « On a mené le combat jusqu’à ce que les filles rentrent à la FFR, même si tout le monde à la Fédé n’était pas d’accord. Ensuite ils ont mis leur structure. »

Durant cette période hésitante, René Layral, Président du Comité du Lyonnais, devient Président de la Commission féminine nationale.

Extrait du livre « Des Filles en Ovalie », Editions Atlantica (2005), Ecrit par Jacques Cortie/Yaneth Pinilla B. Préfacé par Serge Betsen.

ANNEES 90 : TRANSITION ? QUELLE TRANSITION ?

Seizième chapitre du résumé de l’histoire du rugby féminin, tiré du livre « Des Filles en Ovalie », écrit par Jacques Cortie et Yaneth Pinilla B. Préfacé par Serge Betsen. Publication chaque semaine.

( …) La transition a tourné à la confusion. La reconnaissance de la FFR n’a pas comblé les espoirs de la FFRF, ni pour le championnat ni pour l’équipe de France.

Voyons ce qui s’est passé pour le championnat. Lors des deux premières années, la FFR a laissé les clubs continuer comme avec la FFRF. «Après, ils nous ont demandé de rentrer dans le fonctionnement des commissions sportive, administrative et médicale ».

Malgré le travail de liaison effectué par Nadine Leterre, « les comités régionaux de la FFR ne savaient pas quoi faire. Cette situation a duré 3 ou 4 ans avant que ça redémarre vraiment », se souvient Marie-Céline Bernard, qui ajoute : « Les clubs n’avaient pas de correspondant à qui demander des informations. Cela a très vite constitué un problème.»

A cette époque la Confédération Internationale de Rugby Féminin, entre dans le giron de la FIRA.

En 1991 et 1992, la Coupe de France est supprimée. Seuls les championnats de France groupe A et B sont maintenus. L’équipe de France n’est pas, non plus, à l’abri des bouleversements que vit le rugby féminin.

A partir de la saison internationale 1991, Marc Gosse nomme Jean-Pierre Puidebois et Marie-Céline Bernard à la tête de l’équipe de France. Leurs prédécesseurs apprennent ces nominations par la presse.

Marie-Céline Bernard se rappelle aussi cet épisode : «J’ai reçu une lettre m’informant que j’étais nommée ». Elle était alors la seule femme à posséder le 3ème degré fédéral.

ANNEES 90 : LA COUPE DU MONDE

Dix-septième chapitre du résumé de l’histoire du rugby féminin, tiré du livre « Des Filles en Ovalie », écrit par Jacques Cortie et Yaneth Pinilla B. Préfacé par Serge Betsen. Publication chaque semaine.

(…)En 1991 l’équipe de France participe à la première Coupe du Monde. Du 6 au 14 avril, 12 équipes s’affrontent au Pays de Galles : Canada, Espagne, Etats-Unis, Angleterre, Hollande, France, Italie, Japon, Nouvelle-Zélande, Pays de Galles, URSS et Suède. Les Bleues terminent 3ème, derrière l’Angleterre et les Etats-Unis qui remportent le titre.

L’équipe de France n’a alors pas encore trouvé sa véritable place au sein de la FFR. Pour cette Coupe du monde, premier événement mondial du rugby féminin, quand même, Marie-Céline Bernard a dû écrire à Albert Ferrasse pour demander l’autorisation de participer.

Même les petits détails laissaient entendre aux filles que rien n’était installé : sur leurs maillots les filles n’ont pas encore droit aux coqs, mais à un simple écusson bleu-blanc-rouge.

Cette absence de vraie prise en charge des filles était de toute façon une permanence depuis la fédéralisation.

Nathalie Amiel s’amuse encore à se rappeler le premier match international vécu en 1990 sous l’ère FFR. « Ca a été assez incroyable, dit-elle. Marc Gosse, était habitué aux grands hôtels. Mais avec les filles il n’y avait pas de budget pour cela. Pour notre premier match en avril 1990, toute l’équipe de France et les dirigeants étaient hébergés dans un gîte. Les filles, on a dormi dans une pièce, et les cadres à l’étage dans une grande chambre où il y avait la cheminée. Rien n’avait été prévu non plus pour manger. On serait parti au match avec un bol de soupe et un œuf dur, mais heureusement des gens de Gennevilliers sont allés chercher des pizzas. On a quand même gagné. »

En 1994, trois ans après la première, est organisée la seconde Coupe du monde. Depuis, le rythme des années paires est conservé. La compétition a lieu en Ecosse et cette fois Marie-Céline Bernard fait équipe avec Gérard Ricq, qui a rejoint l’équipe de France en 1992. Les Françaises terminent à nouveau 3ème.

Extrait du livre « Des Filles en Ovalie », Editions Atlantica (2005), Ecrit par Jacques Cortie/Yaneth Pinilla B. Préfacé par Serge Betsen.

ANNEES 90: LE PREMIER CHAMPIONNAT D’EUROPE FEMININ, FIRA
Dix-huitième chapitre du résumé de l’histoire du rugby féminin, tiré du livre « Des Filles en Ovalie », écrit par Jacques Cortie et Yaneth Pinilla B. Préfacé par Serge Betsen. Publication chaque semaine.

(...)L’Année suivante (1995) un nouveau coach est adjoint à la technicienne de Tournus. Il s’agit de Jacques Macou.

Plus que ces changements de personnes, c’est le règne de l’improvisation autour des filles en général et de l’équipe de France qui fatigue les ardeurs des joueuses. Cela fait alors cinq ans que les féminines ont intégré la Fédération et fondamentalement les améliorations ne sont pas évidentes pour les protagonistes de l’époque.

Le deuxième championnat d’Europe, le premier organisé depuis l’entrée des féminines dans la FFR, qui se dispute à Trévise en 1995, illustre ce détachement des instances fédérales avec, entre autres, l’équipe de France. « On savait que le tournoi européen allait avoir lieu en Italie, mais aucune information ne venait de la Fédération, se souvient Marie-Céline Bernard. Ce n’est que trois semaines avant la compétition que la FFR m’a demandé de constituer une équipe. J’ai passé quelques jours au téléphone pour trouver des filles disponibles. Je ne suis pas arrivée à trouver 22 joueuses et on est parti à 20.»

Entre le 12 et le 16 avril se dispute donc ce qui est dénommé le «Premier Championnat d’Europe Féminin FIRA », dont la fréquence est dès lors annuelle.

Les Françaises terminent secondes derrière les Espagnoles qui emportent la finale 22 à 6. L’année suivante les Françaises prendront leur revanche en remportant le titre après avoir battu, à Madrid, les Espagnoles sur le score de 15 à 10.

Extrait du livre « Des Filles en Ovalie », Editions Atlantica (2005), Ecrit par Jacques Cortie/Yaneth Pinilla B. Préfacé par Serge Betsen.

ANNEES 90 : LA PREMIERE FEMME ELUE A LA FFR

Dix-neuvième chapitre du résumé de l’histoire du rugby féminin, tiré du livre « Des Filles en Ovalie », écrit par Jacques Cortie et Yaneth Pinilla B. Préfacé par Serge Betsen. Publication chaque semaine.

(…)1995 est une année significative sur un autre terrain. Celui de la politique. Lors des élections à la Fédération, Wanda Noury est élue au Comité directeur de la FFR. Elle devient la première femme à connaître cette promotion.

Il faut dire aussi que le Ministère de la Jeunesse et des Sports a joué son rôle dans cette petite révolution de palais. Il fallait, selon ses textes, que ce soit une femme qui prenne en charge l’activité des féminines à l’intérieur de la Fédération. Wanda Noury prend donc la responsabilité de la Commission féminine. Pourquoi elle ? «J’étais connue dans le milieu du rugby, alors on a pensé à moi », explique-t-elle.

L’arrivée d’une femme au Comité directeur de la FFR est assurément une avancée significative dans le long cheminement du rugby féminin, puisque c’est elle qui impulse de nouveaux changements.

L’un d’eux concerne l’organisation du championnat. « Il bouge sans arrêt parce que tout dépend des équipes. A cette époque là, il y avait 20 équipes, avec ça on a fait une division, ensuite il y a eu 35 équipes et on a pu faire une deuxième division, après on est passé à 40, et on a établi la troisième division. Le système des trois divisions existe à peu près depuis 2001 ».

Restons encore en 1995. Wanda Noury, devient aussi, dans la foulée, manageur de l’équipe de France. C’est le début d’une carrière très riche au sein de la FFR.

Mais, une fois de plus, une avancée, l’arrivée d’une femme au Comité Directeur, ne balaye pas tous les problèmes. Cette fois c’est Marie-Céline Bernard qui se trouve sur un siège éjectable. « J’ai appris par la presse que quelqu’un d’autre venait à ma place. Ils (la FFR) considéraient sans doute que j’avais assez duré. »

C’est Jacquelines Bonnieu-Devaluez qui est installée à la tête de l’équipe de France pour collaborer avec Jacques Macou, déjà en poste depuis 1993.

Si Marie-Celine Bernard est déposée en 1995, on lui confie cependant une nouvelle mission : l’organisation du Championnat de France pour la région Sud-Est. Elle participe également à la mise en place des sélections inter-régionales pour détecter les filles capables d’intégrer France ou France A. Les élections suivantes, de 1999, lui enlèveront cette activité qui sera confié à Nicole Mas (...)

 


 


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